Au Québec, nous avons la chance d’avoir des milliers de rivières et de plans d’eau à explorer. Mais avoir de l’eau à proximité ne signifie pas nécessairement pouvoir y accéder. Une mise à l’eau qui disparaît, un terrain qui change de propriétaire, un stationnement qui devient interdit ou un passage qui se ferme peuvent suffire à rendre un parcours beaucoup plus difficile, parfois même impossible, à pratiquer. Cette réalité, les pagayeuses et pagayeurs québécois la connaissent depuis longtemps.
Une mobilisation qui vient de la communauté
L’histoire du Fonds de préservation des plans d’eau pagayables remonte aux années 1980. À cette époque, des membres du Club les Portageurs constatent que certains accès essentiels à la pratique sont menacés. Ils décident alors de se mobiliser et de mettre des ressources en commun pour contribuer à leur préservation. L’idée derrière le Fonds pour la préservation des rivières est déjà simple : si nous voulons continuer à parcourir nos rivières, il faut aussi prendre soin des endroits qui nous permettent d’y accéder.

En 2013, cette initiative issue de la communauté est intégrée à CKQ, dans un contexte où la Fédération prend également position sur différents enjeux touchant la préservation des rivières, notamment les projets de développement hydroélectrique au Québec. Entre 2013 et 2024, le Fonds demeure principalement associé à ce rôle de représentation et de défense des rivières. Les sommes constituées au fil des années, notamment grâce au Club les Portageurs et au Festival d’eau vive de la Haute-Gatineau, sont conservées afin de poursuivre sa mission.
En 2024, le Fonds prend un nouveau virage. Canot Kayak Québec choisit de le relancer et de ramener l’action directement sur le terrain : mobiliser la communauté, soutenir financièrement des projets concrets et contribuer à préserver ou à créer des accès publics aux plans d’eau. Cette relance marque aussi un élargissement de sa portée. D’abord consacré aux rivières, le Fonds s’intéresse désormais à l’ensemble des plans d’eau importants pour la communauté de pagayeuses et pagayeurs du Québec. Plus de 40 ans après sa création, l’objectif demeure donc profondément lié à l’intention de départ : agir collectivement pour que les plans d’eau que nous aimons parcourir demeurent accessibles aujourd’hui et pour les générations à venir.
De la rivière navigable à la rivière réellement accessible
Au fil des décennies, notre compréhension de l’accès à l’eau a beaucoup évolué. Grâce au travail de terrain, à la cartographie et à l’analyse des parcours, mais aussi au développement de La route bleue, Canot Kayak Québec documente aujourd’hui beaucoup plus précisément ce qui permet à un plan d’eau d’être réellement accessible. Parce qu’on ne le dira jamais assez : une rivière peut être parfaitement navigable, sans être véritablement accessible.
Pour la parcourir, encore faut-il pouvoir entrer et sortir de l’eau. Pouvoir stationner à proximité, effectuer un portage ou s’arrêter lorsque le parcours l’exige. Et tout cela doit pouvoir se faire en respectant les propriétaires riverains, les municipalités, les gestionnaires de territoire, les autres usagers et les milieux naturels.

Un accès, ce n’est pas seulement un point sur une carte. C’est tout le territoire qu’il permet de découvrir. Préserver une mise à l’eau, sécuriser une sortie ou créer un nouvel accès peut rendre possibles plusieurs kilomètres de parcours et, parfois, redonner accès à tout un secteur.
Plus de 40 ans plus tard, le même geste collectif
Le Fonds a évolué, tout comme la pratique des activités de pagaie au Québec. Aujourd’hui, les enjeux d’accès côtoient ceux de la sécurité, de l’environnement, de la cohabitation des usages et de l’aménagement du territoire. Les outils se sont aussi précisés : cartographie, données géomatiques, analyses de potentiel et connaissance du terrain permettent de mieux comprendre les territoires et d’identifier les endroits où une intervention peut réellement faire une différence.

La communauté de pagaie s’est elle aussi transformée. Elle rassemble aujourd’hui une grande diversité de pratiquantes et pratiquants, d’embarcations, de niveaux d’expérience et de façons de profiter de l’eau. Certains recherchent une sortie de proximité de quelques heures, d’autres une longue descente en rivière, une aventure en eau vive ou une expédition de plusieurs jours. Préserver l’accès à l’eau, c’est aussi comprendre cette diversité et permettre à différentes expériences de pagaie de continuer d’exister partout au Québec.
Mais l’idée qui a amené des pagayeurs à se mobiliser dans les années 1980 demeure la même : les accès que nous utilisons aujourd’hui doivent aussi être là demain. Le Fonds de préservation des plans d’eau pagayables permet à notre communauté de participer directement à cet avenir. Chaque projet soutenu contribue, à son échelle, à préserver ce qui rend la pratique possible : un accès à l’eau, un parcours, un territoire à découvrir.
Plus de 40 ans plus tard, c’est toujours un geste collectif. C’est un regroupement de pagayeuses et pagayeurs qui agissent pour les plans d’eau qu’ils aiment parcourir et pour ceux qui les parcourront après eux.

Votre don ouvre du territoire pagayable
Préserver un accès, aménager une mise à l’eau ou soutenir une initiative locale peut ouvrir tout un territoire à la pratique. Grâce à vos dons, le Fonds transforme la mobilisation de la communauté en projets concrets partout au Québec. Grâce au programme Placements Loisirs du gouvernement du Québec, chaque don émis de 25$ et plus, est multiplié par 3,8.

